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Pourquoi j'ai arrêté d'écrire (et pourquoi je reviens)

4 min de lecture

Un développeur de dos face à un écran blanc, un calendrier barré au mur, baigné par la lumière du matin

Le 6 janvier, je publiais “Parti d’en bas, sans jamais s’arrêter”. Un titre fier. Une promesse. Puis plus rien. Deux cent quarante-cinq jours de silence.

Je pourrais vous sortir mille excuses. Je n’en ai pas. J’ai juste une histoire à raconter : celle de ces mois où je n’ai pas écrit. Elle commence par une victoire que je n’ai même pas savourée.

Le mois où tout s’est arrêté

Ma mission s’est arrêtée. Et deux missions que j’espérais, deux missions que j’avais en tête, sont tombées à l’eau elles aussi. Pas une. Deux.

Je me suis retrouvé un mois sans mission. Pour un freelance, un mois sans mission, c’est un mois sans rentrée d’argent. Le stress monte. Il grimpe. Il s’installe.

J’ai fini par trouver. Mais entre les deux, il y a ce creux. Ce mois où financièrement ça serre, où mentalement ça tire.

Pas le temps d’exister

Dans ce creux, j’aurais dû écrire. J’aurais dû lancer les streams que j’avais promis à ceux qui me suivent. Je leur avais proposé. Ils m’avaient suivi là-dessus. Je ne l’ai jamais fait.

Pas par flemme. Par épuisement. Mon énergie était au plancher, ma motivation aussi. J’avais besoin de me retrouver, comme personne. Pas juste Anthyra le dev. Anthyra, tout court.

Et je me suis rendu compte d’un truc sur les réseaux : je ne partageais que le développement. Que le code. Que la partie technique de ma vie. Mais je ne suis pas qu’une entité technique. Je suis un humain, avec des envies, des films, des jeux, des doutes. Tout ça, je le gardais pour moi.

La mission qui a changé mon rôle

La mission que j’ai trouvée n’est pas comme les autres. C’est la première fois que je ne suis pas uniquement en développement. Je fais partie d’un département technique. Mon rôle s’élargit.

Concrètement, j’ai dû prendre en main une pile d’outils : Airtable, ActiveCampaign, des campagnes publicitaires, de la gestion de vidéo, des outils custom. Des outils que je ne connaissais pas forcément. De l’automatisation, du no-code, de la vraie vie.

Et j’avoue : c’était dur d’assimiler. Apprendre tout ça à la volée, avec plus de responsabilités sur les épaules, ça pèse. Il faut admettre que j’ai beaucoup changé. Mon métier n’est plus juste “développeur”. Et ça, ça demande du temps pour le digérer.

Un permis au milieu de la tempête

Il y a un mois, j’ai eu mon permis. Vous avez peut-être vu le post. C’était une vraie victoire, un truc que je voulais depuis longtemps.

Sauf que je ne l’ai pas savourée. Pas vraiment. Pas eu le temps de réaliser ce que ça voulait dire. J’étais bloqué dans le stress de ma mission où m’absenter deux jours pour cet évènement me faisait stresser.

Du bonheur au stress

Depuis que je suis développeur, j’aime ce que je fais. J’aime découvrir des nouvelles technologies, résoudre des problèmes, voir un produit utilisé et utile pour des personnes. Simplement devenir une meilleure personne et un meilleur développeur. Mais depuis quelques mois et à cause de plein de facteurs, mon plaisir s’est transformé en stress. Ne pas être assez rapide, ne pas être assez bon, ne pas assimiler assez vite les choses, vouloir prendre trop de précautions.

J’ai essayé pas mal de choses comme reprendre le sport, mais à chaque fois quelque chose casse complètement ma motivation. Il faut rajouter à ça que je suis une personne qui se pose beaucoup de questions de base, alors je suis tombé dans une spirale où je ne vis plus en tant qu’humain mais en tant que machine qui se fait manger par un système où tout et tout le monde pousse toujours à faire plus. J’écrirais sûrement un article à ce propos (oui vraiment), mais j’essaie de m’en sortir.

Qui je suis, aujourd’hui

Je pense que la vision de ma valeur professionnelle a changé au même moment où ma vision du métier de développeur a changé. Un développeur c’est pas uniquement quelqu’un qui résout des problèmes en codant, surtout à l’ère de l’IA. Un développeur c’est quelqu’un qui résout des problèmes en utilisant les différents outils. C’est ce que je suis devenu. Une personne qui s’adapte aux différents environnements et utilise / trouve / crée les outils appropriés aux besoins.

Le code en fait partie. Mais ce n’est plus tout.

Alors je reviens. Je vais partager plus. Mes objectifs, mes doutes, mes victoires. Pas que le dev. Moi.

Je me levais tous les matins pour travailler dans le milieu de mes rêves. Si être freelance m’a appris quelque chose, c’est que si tu ne penses pas à toi tu te fais manger. Je veux retrouver cette flamme que j’avais à partager mon aventure et mon évolution. Je veux pas revenir en arrière, je veux redevenir la personne que je voulais être.

Deux cent quarante-cinq jours sans écrire. C’est fini.